Le Monde se noie, et moi avec.

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L’impression qu’une force incontrôlable me pousse la tête dans l’eau et tire sur le bas de mon pantalon pour que je me noie. Une force que je ne contrôle absolument pas et qui sans cesse me rappelle sa présence. Mais qu’est-ce qu’elle est, cette force, qui veut me faire du mal?

Je la nommerai Le Monde. Et plus précisément, Le Monde d’Aujourd’hui.

Je m’efforce nuit et jour à voir le positif dans ma vie, dans la vie. J’ai fais des choix professionnels qui me mêneront vers un futur métier rempli de sens à mes yeux. Des choix personnelles qui me remplissent d’amour, de gratitude et de bienveillance. Mais il y a des choix malheureusement qui ne sont pas de mon ressort.
Ceux de vivre dans un Monde tel que je le perçois aujourd’hui.

Je ne saurai où commencer. La famine dans le Monde alors que nos supermarchés – et poubelles – débordent. La pauvreté dans le Monde alors qu’une somme incroyable a été récolté pour reconstruire un des monuments les plus emblématiques de notre douce France. Les Ouïghours détenus dans des camps de concentration. Les centaines de milliers d’espèces animales ( et végétales) qui disparaissent tous les ans. Les hectares de forêts brûlés à travers le Monde. Le sexisme qui frappe, et qui tue, des centaines de femmes par an. La crise écologique qui est bel est bien installée et dont malheureusement les plus puissants ferment les yeux. La crise sanitaire qui – pour moi- n’est que la première de toutes celles qui arrivent. Les guerres de religion. Et la liste (malheureusement) s’alourdit tous les jours.

Tout cela nous ramène vers une chose, la Mort. Et pourtant je n’ai pas peur de mourir, ce n’est vraiment pas une de mes plus grandes peur. Mais cette fin de vie fait partie, partout où l’on va, de notre quotidien. Pourtant je fais partie des chanceuses. Des jeunes blanches vivant dans un pays riche. Alors où est le problème ?

Le mot problème ne serait pas le bon terme employé puisque « à chaque problème sa solution ». Mais où sont les solutions, et lesquelles ?
Pour quelques un.e.s, c’est de fermer les yeux. Pour d’autres, c’est de se battre tous les jours avec la conviction ultime que l’on va vers un monde meilleur. Pour moi, je n’en trouve pas.
Je ne trouve pas la solution qui me fera me réveiller tous les matins en me disant que mes efforts, si petits qu’ils soient, aient un impact positif sur la Planète.

Je vis tous les jours avec la question de savoir de quoi sera fait demain. Et tous les matins j’essaie de me dire qu’il sera fait de ciel bleu, de sourire, d’amour, de rire, de découvertes, d’oiseaux qui chantent librement sur les branches d’arbres et de hummous. (on ne m’enlèvera pas mon amour pour le hummous.)
Je me dis que les petits efforts deviennent gros. Que le progrès se fait mais sur la durée. Que les mentalités n’évoluent pas au même rythme – mais évoluent quand même – . Que les combats sont durs à mener mais ne sont jamais anodins. Que les voix fébriles se regroupent pour se faire entendre. Que si demain est très noir, peut-être que le sur-lendemain sera moins sombre. Que la force que je donne à lutter et à garder la tête hors de l’eau est contagieuse. Contagieuse pour toutes celles et ceux qui sont aussi sous l’eau, avec moi.
A condition que la montée des eaux et la fonte des glaciers ne se fait pas trop rapidement.

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